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TRANCHEES ET CYCLISME Se defendre a bicyclette - Bicyclette sous le drapeau - Le cyclisme en temps de guerre - Cyclisme dans la Grande Guerre - Tranchees et cyclisme - Bicyclette de guerre - Les Bicyclettes de l'Armistice - La course de la paix Du 18 juillet 1936 au 1er avril 1939 eut lieu la guerre civile espagnole: elle fut une antichambre et une sorte de banc d'essai pour la Seconde Guerre mondiale. Dans ce conflit espagnol moururent plusieurs coureurs cyclistes; nous pouvons en citer trois, sur lesquels nous possédons une documentation fournie: Juan Bautista Llorens, Juan Bautista Salom Gomis et Hilario Arana Beitia. Llorens remporta de nombreuses courses et fut champion d'Espagne sur route en 1924. Il mourut à Madrid en 1937. Il avait atteint le grade de capitaine et ses grands m!3rites comme sportif étaient tels que le Président de la République espagnole produisit un sauf-conduit de sa propre main pour que le cadavre pût être transféré à Villarreal, sa ville natale. L'histoire de Salom Gomis est empreinte d'un plus grand mystère. Le coureur se fit remarquer très jeune et, en 1933, il arriva huitième au Tour du Levant; en 1935, i,l fut quatrième au Championnat d'Espagne sur route et, en 1936, il fut classé dix-septième à la Vuelta. Quand la guerre éclata, on l'envoya au front, où il fut blessé. Il se retrouva dans un hôpital de:la province de Valence et, quand il se porta mieux, on le renvoya chez lui pour se récupérer. Wn jour, il rendit visite en bicyclette à l'un de ses frères qui se trouvait à Castellan, et il disparut. Personne ne sut plus jamais rien de lui. On supposa qu'il avait pu mourir dans un accident et être enterré dans une fosse commune. On raconta également qu'il en avait peut-être profité pour passer du côté adverse, et qu'il était mort ensuite au front sans qu'on pût l'identifier, Néanmoins, la thèse qui semble la plus plausible est celle selon laquelle il aurait été irltercepté par une patrouille qui, le croyant un déserteur de l'armée, l'aurait abattu puis enterré sans autre forme de procès. Hilario Arana Beitia fut. pour sa part, bel et bien fusillé. À ce cycliste né en 1911 ,le grand champion Luciano Montero prédisait « un grand avenir dans le cyclisme ». On raconte que Beitia s'entraînait chargé d'un sac de pommes de terre - nous ne savons pas s'il le faisait pour prendre de la force ou pour aller les vendre ensuite. Malheureusement, il croisa les troupes de la rébellion franquiste, et il fut fusillé à Oiartzun en 1936. D'autres cyclistes, s'ils ne perdirent pas la vie, connurent aussi des vicissitudes. Sur le Tour de France de 1936, après la journée de repos des Pyrénées, Julian Berrendero et Antonin Magne firent des déclarations àla presse française pour condamner l'agression contre la République espagnole. Quelques jours plus tard, à l'arrivée du Tour au Parc des Princes, Julian Berrendero constata, à sa grande surprise, que le public lui faisait une ovation plus grande qu'à Sylvère Maes, qui venait de remporter le Tour. « En réalité. je me moquais de la politique, déclara des années plus tard le cycliste madrilène, même si j'étais plus pour la République que pour Franco. À l'époque, les journalistes français grossirent ce que je leur avais dit et, bien sûr, tout est parti de là ». Les trois années suivantes, comme le pays était en guerre, il les passa en France. Il s'installa près de Pau, avec Mariano Canardo, grâce à une offre généreuse de la maison de bicyclettes France Sport. |
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