UN GAMIN NOMME EDDY MERCKX

« L'avènement du champion»

élicien Vervaecke, ancien roi de la montagne sur le Tour, savait ce qu'il disait quand il affirmait: « Il y a un futur champion du monde parmi les débutants. C'est un gamin de Woluvve. Le premier Belge qui va gagner le Tour de France, c'est lui ». Désireux de donner raison à son mentor - l'homme qui, en 1961, guida ses premiers coups de pédales -, Eddy Merckx (Meensel-Kiezegem, 17 juin 1945). fit preuve, dès ses débuts dans le cyclisme, d'une déconcertante facilité pour décrocher la victoire, et pour se mettre toujours au-dessus de ses rivaux. Lors de sa deuxième année chez les débutants, il remporta 23 courses, totalisant ensuite 56 victoires dans les deux années et demie qu'il passa dans la catégorie amateur. Cette dernière commença vite à se faire trop petite pour ce prodige de dix-neuf ans qui, en 1964, remporta le Championnat du Monde amateur se tenant à Sallanches. Dans celui-ci, on s'attendait plutôt à la victoire de l'Italien Gimondi ou du Français Aimar, mais on vit finalement le succès de ce cycliste élancé, un Belge du nom d'Eddy Merckx. Avec un tel bagage de triomphes, il ne fut pas difficile à son mentor du moment, Jean Van Buggenhout, de lui trouver une équipe pour débuter en professionnel: ce fut Solo-Superia de Rik Van Looy et Rik Van Steenbergen. Eddy Merckx courut sa première épreuve de haut niveau le 29 avril 1965 : il s'agissait de la Flèche Wallonne, dans laquelle son manque d'expérience le conduisit à l'abandon. Ensuite, il disputa 68 autres courses. Durant la même saison, il accomplit son service militaire, totalisant neuf victoires dans autant d'épreuves mineures. Cela ne le satisfaisait pas, car Van Looy ne lui laissait aucune réelle liberté d'action. C'est pourquoi, en 1966, le jeune Merckx se tourna vers de nouveaux horizons en France, chez Peugeot, que dirigeait alors Gaston Plaud. Très tôt, dès le mois de mars, il offrit à sa nouvelle équipe sa première grande victoire sur le Milan-San Remo, une course avec laquelle il devait entretenir une relation particulière, puisqu'il la remporta sept fois sur les dix où il y participa. De ce moment jusqu'à la fin de l'année, Eddy Merckx remporta dix-neuf autres victoires, mais il échoua dans son grand projet de la saison: celui de se proclamer champion du monde à Nürburgring. Contrarié, Merckx s'enferma dans sa chambre pendant plusieurs jours, comme si la défaite était pour lui quelque chose d'inadmissible, d'intolérable. Il échoua pourtant aussi sur le Tour de Lombardie, où le vieux renard d'Adorni le bloqua contre les barrières et l'empêcha de passer, offrant ainsi comme sur un plateau la victoire à Felice Gimondi. Cela ne devait pas se reproduire de sitôt, car ce dernier allait mettre sept ans à l'emporter à nouveau sur le Belge dans un sprint (au Championnat du Monde de 1973). En 1967, après avoir vu le Paris-Nice lui échapper au profit de son compagnon Tom Simpson, Merckx gagna pour la deuxième fois consécutive le Milan-San Remo, dans le sprint. final duquel il écrasa sans concession Motta, Gimondi et Bitossi. Sur le Tour des Flandres, il domina la course, mais il dut finir par céder devant Zandegu et Foré. Il lui arriva la même chose sur le Paris-Roubaix où, malgré sa combativité (ou peut-être à cause lui échapper au profit de son compagnon Tom Simpson, Merckx gagna pour la deuxième fois consécutive le Milan-San Remo, dans le sprint. final duquel il écrasa sans concession Motta, Gimondi et Bitossi. Sur le Tour des Flandres, il domina la course, mais il dut finir par céder devant Zandegu et Foré. Il lui arriva la même chose sur le Paris-Roubaix où, malgré sa combativité (ou peut-être à d'elle 7), il finit septième. En revanche, Merckx s'adjugea le Gand-Wevelgen et la Flèche Wallonne, et se montra également très fort sur le LiègeBastogne-Liège, même s'il s'effaça finalement devant Walter Godefroot. Après cet impressionnant palmarès, il restait à voir ce qu'il donnait dans une grande épreuve par étapes. Le Giro fut son premier grand rendez-vous dans le domaine. Il sortit de ce défi avec deux victoires d'étape, à Block Haus et Lido degli Estensi. Merckx était alors troisième au classement générai derrière Pérez Francés et Moser. Il briguait lemaillotrose.mais c'était sans compter une méchante grippe qui allait fortement l'affaiblir. Ce Giro fut remporté par un Gimondi « magique}) dans les étapes s'achevant aux Tre Cime di Lavaredo et à Tirano, d'où il ressortit vêtu d'un maillot rose que personne n'allait pouvoir lui prendre. Merckx dut se contenter de la neuvième position. L:année ne se terminerait cependant pas sur cette note pour le génial cycliste belge, qui allait passer une nouvelle étape de sa carrière en remportant une magnifique victoire au Championnat du Monde de Herleen. Eddy Merckx refermait a,insi le chapitre de sa vie sportive qui allait de 1966 à 1968, et auquel ses multiples biographes ont souvent donné le titre de « l'avènement du champion ».

Le regne d'Eddy 1er de Belgique - Eddy Merckx contre le chronometre




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