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DES GRANDS COUPS DE PEDALE Des grands coups de pedale - usage des braquets - Les pedales automatiques Ce fut en 1950, sur le Paris-Tours, que cela arriva. André Mahé remporta la course en s'échappant dans les derniers kilomètres grâce à un braquet révolutionnaire pour l'époque: un 52 x 14. À partir de là, presque tout le monde voulut essayer cette multiplication jusque-là interdite, qu'employa également Louison Bobet pour gagner le Grand Prix des Nations en 1952. On avait passé la barre des 52 dents et l'on pourrait regarder en arrière et voir comment, sur la même course, le passage du temps avait pu se refléter dans les braquets utilisés à différentes époques par les grands champions. Ainsi, Le Calvez s'était servi d'un 25 x 8 en 1933 ; Antonin Magne d'un 49 x 16 en 1934 ; et Cognan d'un 39 x 17 en 1937. Vint ensuite une innovation, une rupture avec ce qui précédait due à Fausto Coppi, car il introduisit en 1946 le double plateau 51-48, avec roue libre à quatre vitesses de 15 à 18 dents. Après Coppi vint la vertigineuse escalade des braquets. Nous avons parlé de Mahé; ce fut ensuite Anquetil qui osa un 54 x 14 en 1957, et un 53 x 13 en 1961. Il manquait encore quelques années pour qu'arrive le temps des super rouleurs, des cyclistes capables de passer la barre des neuf mètres par tour de pédale, record qûê décrocha pour la première fois, en 1976, Freddy Maertens avec un énorme 55 x 13. Un pas de géant venait d'être fait, si l'on a à l'esprit que, sur le Paris-Roubaix de 1914, de nombreux cyclistes utilisèrent une multiplication de 22 x 9, ce qui suppose qu'ils donnèrent presque 100 000 coups de pédale pour couvrir les 250 kilomètres de parcours de l'épreuve. À cette époque-là, les cyclistes avaient peur d'utiliser trop de braquet. Lentement et grâce à l'audace de cyclistes hardis, capables de dépasser les idées reçues, les braquets augmentèrent. En 1937, Antonio Pompilio, un Italien vivant à Paris, fut l'un des premiers cyclistes amateurs à utiliser un plateau de 50 dents. On disait de lui qu'il prenait des risques invraisemblables et qu'il allait se briser les reins, ou du moins les jambes, Mais ni l'une ni l'autre chose n'arrivèrent et, grâce à son super braquet, qui le rendait invincible dans les sprints, Pompilio remporta de nombreuses courses. Un autre facteur influença, en toute logique, l'escalade des braquets: ce fut l'usage du dérailleur, déjà employé par les cyclotouristes avant d'arriver dans le cyclisme de compétition. À ce titre, le yritérium de la Polymultipliée, une course de montagne, joua un grand r'ôle car on y essayait fréquemment le nouveau matériel. Parmi les grands champions, Georges Speicher et Antonin Magne furent les premiers adeptes du dérailleur, bien qu'il fallût attendre 1937 pour que cet accessoire fût admis sur le 'Tour et, par conséquent, se popularisât dans les autres courses. Roger Lapébie fut le premier vainqueur du Tour à utiliser un dérailleur. Il disposait d'un plateau de 50 dents et d'une roue libre à trois vitesses, de 16, 17 et 18 dents. Dans les étapes de montagne, il montait un plateau de 44 qu'il combinait savamment en plaçant trois couronnes de chaque côté de sa roue arrière, ce qui lui offrait la possibilité d'utiliser six vitesses différentes, en employant une couronne de 22 dents pour escalader les cols les plus difficiles. Ce fut néanmoins Coppi - toujours lui - qui fit entrer le cyclisme dans la modernité en inaugurant l'époque de la polymultiplication. Ce fut lui qui introduisit l'usage du double plateau, en général un 51 x 48, qui annonçait déjàl'arrivée des grands rouleurs capables d'atteindre des vitesses moyennes jusque-là impossibles. |
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