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FABRICATION DE BICYCLETTES SOUS L'OCCUPATION En France, la pénurie des matières premières L'industrie française de la bicyclette vécut une période problématique à l'époque où le pays était occupé par les troupes du Ille Reich. Le manque de matières premières s'aggrava avec la pression des Allemands, qui exigeaient qu'augmentât la production de bicyclettes. La crise du secteur fut transcrite dans un rapport intitulé Ingérences allemande dans l'activité industrielle, Monographie A, 1,3, Imprimerie Nationale, élaboré en 1948 par Baudoin Aube. « La guerre, de septembre 1939 à l'invasion. nous dit-il, ne fit dévier que quelques rares entreprises de leurs activités normales. Seules quelques fabriques de pièces détachées et d'accessoires reçurent des commandes de pièces d'armement, mais ces nouveaux produits ne nécessitaient pas quelque transformation que ce fût dans l'outillage des fabriques. On peut donc affirmer que la situation dans laquelle se retrouvait cette industrie au début de l'occupation était la même qu'avant-guerre, si ce n'etait certaines difficultes d'approvisionnement survenues durant les neuf premiers mois d'hostilite, qui ne permirent pas de maintenir les stocks de matières -premières au niveau de 1938, ainsi que le fait que la mobilisation priva de nombreuses entreprises d'une partie de leur personnel.Les stocks de bicyclettes au moment de l'invasion étaient pratiquement les mêmes qu'en 1938. Le parc mobile de ce véhicule ne s'était pas vu affecté par la guerre. Les indices d'activité officiellement olérés pendant les années (j'occupation furent les suivants, par comparaison avec 1938 : 1941 : 50 % ; 1942: 35 % ; 1943 : 20 % ; 1944: 10 %. Cependant, afin d'éviter dans la mesure du possible la fermeture de fabriques, le Comité d'Organisation de l'Artisanat s'efforça de mettre sur pied dès 1941 divers programmes de fabrication dans lesquels figuraient les 274 fabriques de pièces détachées et d'accessoires pour bicyclettes et les 196 constructeurs recensés.La répartition fut effectuée proportionnellement à l'activité des entreprises au cours des années 1937, 1938 et du premier semestre de 1940. Ainsi, chaque entreprise fut dotée d'un programme officiel. De fait, dans l'industrie de la bicyclette, ce programme fut presque toujours dépassé par l'utilisation des stocks qui existaient à l'armistice, ou bien par le biais d'approvisionnements complémentaires. L:indice d'activité réelle fut sensiblement supérieur à celui officiellement toléré. Cette industrie utilisait normalement des métaux non ferreux dont l'emploi était interdit depuis le début de l'occupation: le laiton (interdit en 1941), les alliages d'aluminium (1942) et, enfin, les alliages de zinc (1943). On ne procéda à aucune attribution de laiton de soudure sous l'occupation. Les fabricants et les constructeurs durent, pour souder leurs cadres, soit utiliser leurs stocks, soit s'approvisionner de façon irrégulière. D'un autre côté, il faut reconnaître que, jusqu'aux débuts de 1944, l'affaire du. laiton de soudure ne fut jamais prise très au sérieux. La pénurie en alliages d'aluminium fut plus grave. L'emploi de l'aluminium s'était généralisé dans l'industrie de la bicyclette au cours des années précédant la guerre. Lalliage léger remplaçait l'acier dans la fabrication des jantes, des guidons, des frettes, des pédales, des freins, des dérailleurs, des manivelles, des couronnes, des phares, de la structure des selles et des garde-boue. Cette substitution, allégeant la bicyclette, constitua un progrès technique considérable dont les fabricants français bénéficièrent en particulier sur le marché mondial. Le retour forcé à l'emploi de l'acier eut des répercussions négatives dans la qualité de la fabrication. Labsence d'autres matières de base, et notamment de métaux de revêtement (chrome, nickel et même zinc), du cuir ou de la colle de polissage se fit ressentir fortement. Certains matériaux de substitution, comme l'émail, le feutre, le similicuir ou la colle se révélèrent de mauvaise qualité et mal adaptés aux besoins de la fabrication. Cette pénurie eut comme conséquence particulièrement grave une diminution très sensible de la qualité et de l'aspect des machines, conséquence plus que lamentable étant donné que l'insuffisance de la production par rapport aux besoins permettait aux constructeurs de vendre sans difficulté des produits parfois médiocres. En novembre 1942, les Allemands mirent les industries dans leur point de mire, et leur demandèrent de prendre des mesures de concentration, qui devaient conduire à la fermeture d'un gran nombre d'entreprises. Les autorités parvinrent à faire admettre à l'occupant que de telles mesures ne pouvaient être appliquées simultanément dans toute 1 );,France, mais qu'il valait mieux procéder par zones: d'abord dans la région parisienne, ensuite dans la zone occupée. Enfin, grâce à ces manœuvres d'amortissement, seules quelques entreprises de la région parisienne furent affectées. Le C. O. A. ne remit pas avant juin 1944 la liste des entreprises susceptibles d'être classées dans la catégorie « S » (Speer-Betrieb), c'est-à-dire susceptibles de travailler dans la production d'armement.En 1941, les firmes allemandes tentèrent de réaliser dans les entreprises françaises des ponctions d'accessoires et de pièces détachées. Dans l'ensemble, les industries françaises se montrèrent réticentes et le pourcentage de demandes allemandes ne dépassa jamais les 11 % du chiffre d'affaires total. En 1943-1944, les autorités d'occupation imposèrent à la France des commandes de bicyclettes complètes qu'elles fixèrent à 35 000 unités par mois. Parallèlement, le programme de production mensuelle pour le secteur français était fixé à 10 000 bicyclettes, tandis que la production française réelle atteignait les 25 000 machines. Au cours du premier trimestre, le C. O. A. dut accepter une commande allemande de 300 000 bicyclettes afin d'éviter la réquisition de 400 000 machines dans la population civile. Mais cette imposition fut fragmentée en trois échéances. La demande fut répartie sur 26 constructeurs, ce qui multiplia les difficultés d'approvisionnement et de remise, retardant considérablement l'exécution de la commande.Fin janvier 1944, seules 16000 bicyclettes avaient été fournies. À la première échéance, l'occupant reçut une totalité de 86 000 bicyclettes, et ce avec un retard de six mois sur la date prévue. À la deuxième échéance, il n'y eut pas plus de 5 000 bicyclettes.Il faut signaler que, lors de l'évacuation du territoire, les troupes allemandes réquisitionnèrent un certain nombre de bicyclettes, principalement dans les usines Peugeot, avec des pertes qui furent évaluées à dix millions de francs ». Recherche de Securite - Naissance de l'Industrie du Velo - Fabrication de Machines Ultralegeres - Les Bicyclettes de 1935 Generalites sur le Velo - Histoire du Velo - Course a Velo - Les Premiers Grands Champions - Industrie du Velo - Le Phenomene Sociologique de la Bicyclette - Democratisation du Cyclisme - Identite du Velo - Cyclisme Professionel - Le Cyclotourisme - Cyclisme Feminin - Les Bicyclette pour Enfants |
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