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DU DERAILLEUR A BAGUETTE AU DERAILLEUR SIMPLEX Une Evolution Fondamentale - Les meilleurs derailleurs des annees 50 - Spirax, le derailleur oublie - Du nouveau sur le derailleur - Derailleur a baguette
Un nouveau derailleur, descendant direct du derailleur Vittoria dont nous avons deja parle, naquit dans l’immediat apres-guerre, le derailleur a baguette de Campagnol. Fiorenzo Magni, le celebre triple vainqueur du Tour des Flandres entre 1949 et 1951, fut l’un des premiers cyclistes a utiliser ce derailleur novateur, dont le fonctionnement etait explique en ces termes dans La Gazzetta dello Sport : « C’etaient deux baguettes fixees au hauban arriere droit de la bicyclette. Deux baguettes commandees par autant de leviers : le plus long debloquait la roue arriere, qui restait centree, et le plus court faisait passer la chaine d’une couronne a l’autre de la libre libre ». Ce nouveau derailleur fut rapidement adopte par les societes de construction de bicyclettes le splus importantes, comme la firme Bianchi de Coppi. Neanmoins, le derailleur a baguette presentait un inconvenient de taille, que Magni exposa lui-meme : « Pour changer de vitesse, tu devais retropedaler : on ne pouvait pas pedaler vers l’avant parce que le deblocage de la roue aurait fait tourner les pedales dans le vide, causant une chute certaine. Meme si, c’est sur, tu finissais par tomber de toutes facons. Voyez : au debut d’une montee, le peloton entier doit ralentir sa marche pour retropedaler. Avec les routes pleines de pierres d’alors, l’equilibre a bicyclette etait tres precaire et les obstacles effrayantes se succedaient : il suffisait que l’un tombe pour qu’il entraine avec lui la moite du peloton ». Heuresement, a la fin des annees Quarante apparrut un systeme de changement de vitesse plus maniable et plus sur. Si incroyable que cela paraisse, ce ne fut pas en Italie, malgre le caractere pionnier de ce pays, ou se fit le passage definitif a un type de derailleur tres ressemblant a celui que nous utilisons aujourd’hui. L’innovation vint de la France, et se nommait Simplex. Ne dans l’apres-guerre, ce systeme allait etre le premier derailleur reellement automatique (Campagnolo fabriqua le sien en 1951), qui pouvait etre actionne par un fil d’acier relie a un levier monte sur le tube diagonal du cadre, tout cela alors que l’on continuait a pedaler vers l’avant, sans avoir besoin de freiner. Sur le Giro de 1948, ce systeme commenca deja a etre utilise par certaines equipes, comme l’equipe Wilier Triestina de Fiorenzo Magni et l’equipe Bianchi de Fausto Coppi. En maniant le levier vers l’avant ou vers l’arriere, on faisait en sorte que la roue libre permette a la chaine de passer d’un ecouronne a l’autre. C’est a peu pres en meme temps que l’on se mit a utiliser le double plateau, qui presentait alors quatre possibilites differentes poir les dents : 49 ou 50, et 46 ou 47, a combiner avec les cinq couronnes du pignon arriere. « La chaine – expliquait le grand Fiorenzo Magni – pouvait faire des deplacements limites sur les plateaux comme sur les pignons, ce qui signifiait que tu devais monter l’Izoard avec un 46 x 20 et courir le Grand Prix des Nations avec le 49 x 16. Je ne sais pas si je me fais comprendre. » Avec le temps, la mecanique de la bicyclette progressa : les plateaux de 53 et 42 dents apparurent – plus tard viendrait celui a 39 dents – ainsi que les cassettes de 6 et 7 pignons. Campagnolo, toujours curieux de nouveaute, experimenta un derailleur avec avec deux leviers situes sur les extremites inferieures des deux poignees du guidon, sur un modele qui a ete utilise par le cyclo-cross jusqu’a l’apparition des derailleurs synchronises depuis le guidon. « C’etait commode, se souvenait Magni, parce que tu n’avais pas besoin d’oter les mains du guidon, mais le risque etait que tu pouvais toucher les leviers par inadvertance, ou leur donner un coup de genou en te levant de la selle ». Les nouveautes se succederent, avec l’evolution des formes, des dessins et des materiaux. Les triples plateaux firent leur apparition, et furent massivement adoptes par le monde de la haute competition. En 1984, les Japonais de Shimano – entreprise qui naquit en 1918, fondee par Shozaburo Shimano, et qui se consacrait a la fabrication de machines destinees a la reparation de chaussures sous le nom de Shimano Iron Works – firent un pas decisif dans l’evolution du cyclisme avec le systeme SIS (Shimano Index System), lequel permettait au cycliste de maintenir toute son attention sur la route, car chaque mouvement de levier correspondait a un pignon, sans sauts de chaine. Si importante que fut cette innovation, le changement definitif, le plus proche du cyclisme du XXIeme siecle, arriva en 1989. Ce fut le systeme Shimano Total Integration, qui permettait aux cyclistes de changer de plateau et de pignon grace a des manettes placees sur les manettes des freins, d’un seul leger mouvement des mains. Depuis, les evolutions se poursuivent, toujours plus rapides, aussi bien dans l’ergonomie et la conception des nouveaux composants que dans leur perfectionnement continu. La lutte Shimano – Campagnolo est toujours d’actualite. Les deux colosses se partagent la plus grosse part du marche mondial des groupes de haute et de moyenne gammes pour bicyclettes, et leurs innovations sont constantes. En 1997 apparurent des groupes de 9 vitesses, qui, dans le cas de la firme italienne, employait meme le titane pour le systeme Record Titanium 9 Speed. |
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