Cyclisme dans la Grande Guerre

Se defendre a bicyclette - Bicyclette sous le drapeau - Le cyclisme en temps de guerre - Cyclisme dans la Grande Guerre  - Tranchees et cyclisme - Bicyclette de guerre - Les Bicyclettes de l'Armistice - La course de la paix

Le 28 juin 1914 fut assassiné à Sarajevo l'archiduc François­Ferdinand, héritier du trône d'Autriche-Hongrie. C'est l'étincelle qui mit le feu aux poudres entre les grandes puissances. Un conflit éclata, qui allait s'étendre de 1914 à 1918 et laisser derrière lui dix millions de morts et vingt millions de blessés. Lançant les hostilités en août 1914, l'Allemagne déclara la guerre à la Russie et à la France ; l'Italie entra en guerre en 1915. Depuis les premiers temps du conflit, Allemands et Français se servi­rent de leurs unités cyclistes pour profiter de leurs avantages, décrits dans la littérature militaire de l'époque de la manière suivante: « Rapidité, si­lence du fonctionnement et capacité de mouvement les rendant particulièrement aptes aux attaques nocturnes ». Avec l'entrée en lice de la Belgique (août 1914), un bataillon de carabiniers cyclistes fit son apparition: il allait se rendre célè­bre par son héroïsme, et gagner le surnom de « Diables Noirs ».Ce bataillon était formé de 140 officiers, 3 médecins et 450 soldats et sous-officiers, répartis en trois compagnies. Les Dia­bles Noirs participèrent à la bataille de Halen, où ils affrontè­rent en terrain découvert la cavalerie ennemie. Quand les renforts arrivèrent, 4 officiers et 125 hommes étaient tombés. Les carabiniers avaient maintenu leur position pendant plus de six heures. Les bicyclettes continuèrent d'être uti­lisées jusqu'à la fin de la guerre. Sa confiance était  elle qu'il roula jusqu'à nos lignes, où il fut abattu. Pen­dant son agonie, il donna des informations sur les forces allemandes qui occupaient Écuvilly : unecompagnie cycliste et quelques véhicu­les blindés, avec de l'infanterie ». La bataille des Flandres fut un moment particulièrement terrible pour les cyclis­tes. En trois jours, ils parcoururent 200 kilomètres sur des routes détruites et sous un soleil de feu. Chaque homme portait ses vivres pour la journée, son fusil de près de 6 kilos et 200 cartou­ches. La bicyclette était dotée d'un sac avec des vivres de réserve, un pull-over, un ciré, une assiette en métal, des ou­tils et des pièces de rechange. Dans le combat, il était prévu que les cyclistes chargent leur bicyclette sur le dos, mais en réalité ils se débarrassaient d'elle en la cachant pour pouvoir lutter avec plus d'agilité et d'efficacité. Dans les rangs de ces hommes qui combattaient en pé­dalant à travers toute l'Europe il y avait beaucoup d'anonymes, mais aussi de grands champions, des étoiles au nom ru­tilant dans le cyclisme d'avant-guerre. L'entrée de l'Italie dans le conflit, en 1915, poussa notamment un groupe très important de cyclistes à s'enrôler dans la milice. Le 24 mai de cette année-là, la pre­mière page de la Gazzetta dello Sport (le journal qui organisa le Giro, interrompu jusqu'en 1919) publiait en grands titres: « Pour l'Italie, contre l'Autriche, hip, hip, hourra! On a déclaré la guerre », tandis que, dans son éditorial, on pouvait lire: « Frères qui avez connu, pratiqué, aimé le sport, prenez les armes pour le sport le plus ancien, le plus fort et le plus sé­vère : la guerre ». La guerre menait au combat Pierino AI­bini (cinquième du Championnat d'Italie de 1911, deuxième du Giro de 1914), Giuseppe Azzini (cinquième du Cham­pionnat d'Italie de 1909 et troisième de celui de 1914, vainqueur de la quatrième étape du Giro de 1914), Camillo Bertarelli, Angelo Erba, Carlo Oriani (vainqueur du Giro de Lombardie de 1912 et du Giro de 1913), Plinio Cortesi, Angelo Strada, Ezio Corlaita(vainqueur du Giro deI!' Emi­lia de 1914)... Nombreux furent ceux qui ne revinrent pas ou qui furent gravement blessés.Carlo Oriani, qui luttait dans le peloton cycliste des mitrailleurs, mourut à l'hô­pital militaire de Caserte en dé­cembre 1917, à l'âge de 29 ans.Il trouva la mort à la suite d'un acte d'héroïsme, car, lors de la retraite de Caporetto, il se jeta dans les eaux du Ta­gliamento pour sauver un compagnon qui était en train de se noyer. Il contracta une infection pulmonaire, qui eut rai­son de lui le 3 décembre. Dans ce conflit périrent encore, du côté italien, Angelo Strada, Plinio Cortesi et Vincenzo François Faber (vainqueur du Tour de 1909). enrôlé dans la Légion Étrangère, mourut d'une balle dans la tête dans l'Artois, dans la grange Bonneval, le 9 mai 1915. Octave Lapize (vainqueur du Tour de 1910, premier vainqueur des cols d'Aspin, de Pey­ resourde et du Tourmalet), fut abattu dans un combat aérien au-dessus de Verdun le 14 juil­let 1917. Hourlier (vainqueur du Grand Prix de Paris de 1912 et des Six Jours de Paris de 1914) et Comès furent portés disparus.- Émile Friol (champion du monde de vitesse en 1907 et 1910) mourut dans un accidènt de moto au front. Frank Henry, Marius Thé (vainqueur du Marseille-Nice en 1897), Émile Engel, Georges Boillot, Edouard Wattelier (troisième au Paris-Roubaix de 1898 et vainqueur duBordeaux-Paris de 1902) moururent aussi et bien d’autres encore. Certains eurent plus de chance, comme Gustave Garrigou ,( vainqueur du Tour de France de 1911) ou Charles Crupellandt. Garrigou ­avait été averti par un ami cycliste allemand, a la fin ­de 1913 : « Par ici on entend de drôles de lui avait-il dit. S'il y a une course dans cette zone, n'y vas surtout pas. Et surtout, ne signe aucun contrat avec l'Allemagne pour la prochaine saison. Si tu viens tu t'en repentiras ». Quand la guerre éclata   Garrigou changea de nom pour ne pas être reconnu  "Re­baptisé Cyprien, il servit comme canonnier au second et reçut la Croix de guerre. Quant à Crupelandt, vain­queur du Paris-Roubaix de 1912 et 1914). une  cruelle ironie du destin voulut qu'il fût en train de courir  une épreuve de piste à Berlin le 4 août 1914, date de la déclaration de la guerre. Les Allemands bloquèrent alors les frontières et pour lui commença une véri­table odyssée pour rentrer chez lui. Il se fit passer pour un Hollandais et cacha son livret militaire; il dut se dissimuler dans les toilettes des trains pour évi­ter d'être arrêté. Une fois dans son pays. il servit dans la 52e division motocycliste et fut gravement blessé en mars 1915. Il reçut la Croix de guerre pour son courage au front. Puis, en 1917. il fut condamné pour delits mineurs, et de fut la raison pour laquelle, l UVF (Inion Velocipedique Francaise) lui refusa la licence lui permettant de recommencer a courir apres la guerre; d'aucuns dirent que ce refus venait des frères Pelissier, qui se libéraient ainsi d'un rival bien trop inquiétant. En ce qui concerne le cyclisme allemand, il se sortit plutôt bien de ce conflit, car les cyclistes d'élite bénéficièrent d'un certain traitement de faveur qui leur donna des postes de service éloignés du front - même si la propagande alliée du màment s'achar­nait à faire d'eux les auteurs de toutes les atrocités. On raconta ainsi que Harry Mayer, l'un des grands sprinters de l'époque héroïque, vainqueur du Grand Prix de Paris en 1904, s'était déguisé en sergent-ma­jor français afin d'infiltrer les lignes adverses et de tuer les ennemis. Un autre journal affirma que Wal­ter Rütt, le « Kaiser », l'une des plus grandes figures du cyclisme allemand, champion du monde de vi­tesse en 1913, servit comme pilote pendant la guerre et survola la France lors de plusieurs missions de bombardement. C'était faux dans les deux cas, car on sut plus tard que Mayer ne s'était pratiquement pas trouvé sur le front français et que Rütt avait servi dans le parc automobile de la ville de Berlin. Le premier cycliste espagnol à prendre le départ du Tour de France, José Javierre, participa lui aussi au conflit. Comme les autorités ne l'avaient pas natura­lisé, Javierre voulut faire du zèle et s'engagea dans la  Légion Étrangère. Il combattit pendant quatre ans, comme caporal du terrible bataillon sénégalais (terri­ble car il maniait d'intimidantes machettes, les coupe­coupe). Javierre revint de la guerre chargé de décorations: la Légion d'honneur, la Croix de guerre, mais aussi le corps détruit par la mitraille. Boiteux, cousu de cicatrices, il avait désormais une jambe plus courte que l'autre, souvenir de Verdun. On raconte que, quand il pédalait, il le faisait désormais d'une seule jame, car l autre ne fonctionnais pas.

cyclistes dans les camps de concentration




Contact | Recommander Velo Paris | Livre d'Or | Annuaire | Forum | Petites Annonces | Acces Rapide | F.A.Q. | Recrutement | Partenaires | Publicité

Signaler un lien mort

Velo Paris : Visite de Paris en velo - Copyright VéloParis 2006

Partenaires : Too-Velo