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ALIMENTATION ET DOPAGE Velo et Sante : une bonne equation - Le velo contre l'obesite - Une excellente pratique physique - Bicyclette et Pollution - Alimentation et dopage
Les cyclistes de l’epoque heroique du Tour de France mangeaient de tout (tant qu’ils en avaient la possibilite, evidemment) et en abondance, comme cela transparait clairement dans l’anecdote suivante. Mort de faim comme toujours, Maurice Protin accepta a Briancon une invitation de Desgrange, ce qui lui valut le surnom de « Gargantua du Tour ». Protin mangea en effet douze truites, une omelette de vingt-quatre œufs et, pour finir, un dessert… Cependant, il devait payer cher ce banquet pantagruelique car, le jour suivant, il prit le depart avec une heure de retard, victime de coliques violentes. « Le passage des Alpes fut pour moi la pire des experiences- raconta-t-il. Au sommet des cols, et contrairement aux Pyrenees, on ne trouvait pas d’eau. Vide apres l’excellent diner du soir precedent j’etais sur le point d’abandonner quand un litre de Pernod (40% d’alcool) me permit de monter le col de Vars, et un litre de rhum et un saucisson me ressusciterent a l’Izoard. Au contrôle, apres les chutes provoquees par mes embardees, j’etais tellement recouvert de sang que des spectateurs voulurent me mettre de l’argent dans les poches du maillot. Mais je n’etais pas un type a accepter ce genre de choses (…). L’exceptionnel de l’affaire est qu’un litre d’alcool m’ait desinfecte les intestins, et permis de monter joyeusement le col de Braus ». Au sujet des « potions magiques », les substances stimulantes connues depuis longtemps dans le monde du sport, Protin ajoute : « Defraye s’est empoisonne avec cela. Il pouvait rouler a 40 km/h, mais pour monter a 45 km/h, comme il le voulait, il sortait sa petite bouteille du sac. J’avais deja vu Francis Pelissier sortir sa petite bouteille sur la cote de Metz, avant d’attaquer. Plus tard, quand nous sommes devenus amis, il n’a pas voulu me dire ce qu’il transportait. Pour moi, c’est vrai, tout cela ne m’allait pas. (…) Une fois, l’un des mes compatriotes appele Jacquet m’a offert une boite d’allumettes dans laquelle se trouvait une demie-douzaine de pastilles. En en prenant une tous les cinquante kilometres, je serais premier dans la categorie des isoles. Je devais alors lui donner 20 francs. Pratesi, le champion qui m’avait appris a nettoyer mes chaussures comme facon de maintenir ma discipline, me mit en garde. Ces pilules etaient de l’argile parfumee a l’anis, comme le prouverait plus tard une analyse commancee par Emile Masson. Autrement dit, un poison violent, qui, a moyen terme, transformait son usager en une ruine. Lui prenait Hemostyl du Dr. Roussel. J’ai couru a la pharmacie en acheter trois flacons. Il suffisait d’en prendre une cuillere a soupe deux ou trois fois par jour. Mon rendement s’ameliora sensiblement et, plus tard, je l’ai recommande a mes coureurs ».
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